Les femmes médiatrices de l’espace SADC en République démocratique du Congo ont exprimé leur inquiétude face à l’évolution du processus de médiation africaine visant à résoudre la crise persistante dans l’Est du pays. Réunies à Kinshasa, elles ont examiné les conclusions de la réunion semestrielle d’évaluation de la médiation de l’Union africaine tenue à Lomé les 7 et 8 juin 2026.
Tout en saluant les efforts du médiateur de l’Union africaine, du Panel des facilitateurs, des organisations régionales et des partenaires internationaux, elles ont souligné que les populations continuent de subir les conséquences dramatiques du conflit. Les déplacements forcés, les violences contre les civils et la dégradation de la situation humanitaire demeurent une réalité quotidienne dans plusieurs zones affectées.
Les femmes médiatrices constatent un décalage préoccupant entre les avancées diplomatiques annoncées dans les différents cadres de négociation et les conditions de vie des communautés sur le terrain. Malgré les multiples engagements pris, les violations du cessez-le-feu et les attaques contre les populations civiles continuent d’alimenter l’insécurité et la méfiance.
Elles s’inquiètent également du ralentissement du processus de paix alors que les besoins humanitaires atteignent des proportions alarmantes. Selon elles, les femmes, les jeunes et les enfants, qui supportent le plus lourd fardeau du conflit, peinent encore à percevoir les bénéfices concrets des initiatives diplomatiques en cours.
Les participantes rappellent que les résolutions internationales relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité reconnaissent le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits, la médiation et la réconciliation. Elles plaident pour une participation plus significative des femmes médiatrices, des jeunes, des Églises et de la société civile dans les mécanismes de négociation, de suivi et d’évaluation des accords.
À travers cette déclaration, les femmes médiatrices de l’espace SADC en RDC appellent à l’organisation urgente d’un dialogue inclusif pour la paix et la cohésion sociale. Elles réaffirment leur engagement à contribuer aux efforts de médiation et lancent un message fort : aucune paix durable ne sera possible sans l’implication active des femmes, des acteurs de paix et des communautés directement touchées par le conflit.
Ce pladoyer est contenu dans une déclaration faite à Kinshasa le 15 juin 2026, signée notamment par Me Caddy Azuba, Mme Elodie Ntamuzinda, Mme Rose Muchanga, Mme Yvonne Ngoy, Mme Émérence Lenge et Mme Wilhelmine Ntakebuka, aux côtés des médias et structures partenaires engagés pour la paix en RDC.




