Brazzaville, du 27 au 28 août 2026, une délégation des organisations de la société civile de la République démocratique du Congo (RDC) a effectué une visite de travail et d’échange d’expériences à Brazzaville, en République du Congo. Cette mission avait pour objectif de mieux comprendre le fonctionnement du Conseil consultatif de la société civile et des organisations du Congo et de s’inspirer de l’expérience congolaise.
Reçue par le secrétaire permanent du Conseil consultatif, Germain Cephas Wangi, la délégation de la société civile congolaise a été conduite par le doyen Bernard Botula. Cette visite intervient alors que la société civile de la RDC commémore les 35 ans de son existence formelle, une occasion pour les acteurs des deux rives du fleuve Congo de renforcer les liens, de partager leurs expériences et d’explorer de nouvelles pistes de collaboration.
Pour Bernard Botula, cette rencontre répond à la nécessité de rapprocher davantage les deux sociétés civiles. « Nous avons estimé que les deux pays voisins ne peuvent pas rester pendant de longues années sans savoir ce qui se passe de l’un ou de l’autre côté », a-t-il déclaré. Il souligne que la célébration des 35 ans de la société civile formelle en RDC constituait une opportunité de traverser le fleuve pour aller à la rencontre de la République du Congo, notamment afin de mieux comprendre l’expérience du Conseil consultatif, son fonctionnement et ses mécanismes de travail.
De son côté, Élodie NTAMUZINDA a insisté sur la proximité exceptionnelle entre les deux pays, séparés non pas par une clôture, mais par un fleuve qui peut servir de pont entre les peuples. « Nous sommes deux pays séparés par un fleuve, que nous n’appelons pas une clôture, mais un pont », a-t-elle souligné, rappelant que Kinshasa et Brazzaville constituent les deux capitales les plus proches au monde. Pour elle, cette proximité géographique crée également une responsabilité particulière au niveau sous-régional et régional, où la société civile doit pleinement jouer son rôle.
Élodie NTAMUZINDA estime ainsi qu’il est temps pour les deux sociétés civiles d’examiner ensemble les grands enjeux auxquels font face leurs pays et leur région. « C’est possible que ces deux sociétés civiles collaborent », a-t-elle affirmé, appelant à dépasser les limites actuelles et à transformer la proximité entre les deux Congo en une véritable solidarité et en actions communes.
Cette réflexion intervient également dans un contexte marqué par les enjeux de paix et de sécurité dans la région. Engagée sur cette thématique à travers son organisation La Dignité Humaine Asbl, Élodie NTAMUZINDA estime que les acteurs africains doivent davantage prendre en main leur propre réflexion sur les crises qui affectent le continent. « Nous ne pouvons pas croire que ce sont les autres qui peuvent venir réfléchir à notre place », a-t-elle déclaré, interpellant les acteurs de la société civile : « Les deux chefs d’État se parlent, et nous, qu’est-ce que nous faisons ? »
Cette visite de travail ouvre ainsi la voie à une dynamique de rapprochement entre les organisations de la société civile des deux Congo, avec l’ambition de renforcer le partage d’expériences, la solidarité et les initiatives communes sur les questions de gouvernance, de paix, de développement et d’intégration sous-régionale.
RDC – Congo-Brazzaville : les sociétés civiles renforcent leur coopération autour des enjeux sous-régionaux




