En République démocratique du Congo, la question de la paix demeure au centre des préoccupations nationales, particulièrement dans l’Est du pays, marqué depuis plusieurs années par les conflits armés. Mais au-delà des accords et des annonces politiques, une question se pose : quelle paix le peuple congolais veut-il réellement ?
C’est dans cette réflexion que s’inscrit la prise de position de Maître Wivine Nina Neema, experte Genre, VBG, EAS, Paix et sécurité. Pour elle, la paix réclamée par les populations ne correspond pas nécessairement à celle recherchée par les acteurs politiques. La première doit se traduire par la sécurité, la justice et la réparation.
Dans l’Est de la RDC, cette vision prend une dimension particulière. Wivine Nina Neema estime que la reconstruction ne peut être durable sans mécanismes de redevabilité et sans participation des populations concernées. Elle insiste également sur la nécessité de « verrouiller l’avenir », en renforçant la sécurité aux frontières et en empêchant que de nouvelles incursions puissent réduire à néant les efforts de reconstruction et de paix.
Cette approche repose, selon elle, sur deux piliers : le « verrou extérieur », consacré aux frontières, avec notamment leur sécurisation par des moyens modernes comme la surveillance et la biométrie, et le « verrou intérieur », consacré aux jeunes et aux mamans. Elle propose notamment 50 % de places pour les femmes et les jeunes dans les comités locaux de paix, ainsi que la création de Clubs des Mamans Sentinelles de la Paix dans chaque territoire.
Cette réflexion a été portée à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, où Maître Wivine Nina Neema participe aux consultations des Mamans autour du cahier des charges du prochain Dialogue national. Elle y souligne les conséquences quotidiennes de l’insécurité sur les populations et plaide également pour un couloir humanitaire sécurisé et neutre reliant notamment Goma, Bukavu, Bunia et Minova, afin de permettre l’acheminement des médicaments, des soignants et de l’aide humanitaire.
Son message met ainsi l’accent sur une paix qui dépasse les seules annonces politiques : une paix qui protège les populations, reconnaît les victimes et prépare l’avenir. « Réparer, c’est bien. Prévenir, c’est mieux », écrit-elle, résumant sa vision par cette formule : « sécuriser dehors, guérir dedans, préparer demain ». Maître Wivine Nina Neema précise que cette contribution est exprimée à titre personnel et n’engage pas son organisation.
RDC : Maître Wivine Nina Neema interpelle sur la paix du peuple face à la paix des politiciens




