RDC : Le plus grand échec demeure la Coordination pour le Changement des Mentalités.

Créée par l’ordonnance n°19/067 du 25 juillet 2019, la Coordination pour le Changement des Mentalités (CCM) portait une ambition noble : Transformer en profondeur les comportements des Congolais. Placée sous l’autorité de la Présidence de la République, elle devait impulser une révolution morale et civique capable de refonder la conscience nationale.

Sa mission était claire : Sensibiliser, prévenir et lutter contre toutes les antivaleurs qui minent la société. Corruption, tribalisme, népotisme, incivisme, détournement des deniers publics devaient reculer grâce à une nouvelle pédagogie axée sur la prise de conscience et la valorisation des citoyens modèles.

Pourtant, plusieurs années après sa création, les maux persistent et parfois s’aggravent. La mauvaise gouvernance continue de gangrener les institutions, l’impunité demeure, la gestion opaque des ressources publiques choque l’opinion et la méfiance envers l’État s’installe durablement.

Sur le plan sécuritaire et patriotique, les rébellions, l’exploitation illégale des richesses nationales et les conflits armés traduisent un déficit profond de conscience nationale. Une société véritablement imprégnée de valeurs républicaines ne tolérerait ni la trahison des intérêts nationaux ni la banalisation de l’intérêt personnel.

Les conséquences sociales sont visibles : Pauvreté accrue, chômage massif des jeunes, dégradation des services publics et affaiblissement du tissu social. Si la CCM avait réussi à graver une nouvelle conscience collective, le pays serait aujourd’hui mieux protégé contre ces dérives.

Ainsi, le plus grand échec n’est pas seulement administratif, il est moral. Car sans transformation réelle des mentalités, aucune réforme institutionnelle ne peut produire un changement durable, et la nation reste exposée aux mêmes cycles de crise et de désillusion.

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