Alors que le débat sur le changement de la Constitution continue d’occuper le devant de la scène politique en République démocratique du Congo, je ressens le devoir d’appeler à un recentrage clair de nos priorités nationales. Notre pays traverse une période critique marquée par une insécurité persistante dans sa partie orientale. Dans un tel contexte, toute discussion institutionnelle devrait passer après la question fondamentale de la paix.
Aujourd’hui, des milliers de nos compatriotes vivent dans la peur, l’incertitude et la précarité. L’urgence nationale n’est pas institutionnelle, elle est sécuritaire et humaine. Nous devons d’abord protéger nos populations, stabiliser nos territoires et restaurer la confiance collective avant d’ouvrir des débats qui divisent davantage la classe politique.
La proposition d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans me paraît déconnectée des réalités quotidiennes des Congolais. Le véritable enjeu n’est pas la durée du pouvoir, mais la qualité de la gouvernance, l’efficacité de l’action publique et la volonté sincère de servir la nation avec patriotisme.
L’histoire mondiale nous enseigne que les grandes transformations nationales ne dépendent pas nécessairement de mandats plus longs. Elles reposent sur une vision claire, une discipline d’État et une conscience patriotique forte capable de rassembler un peuple autour d’un projet commun.
Je déplore profondément le clivage politique permanent qui fragilise notre cohésion nationale. Majorité et opposition semblent enfermées dans une logique de confrontation continue, alors que le pays a besoin d’unité, de maturité et de responsabilité face aux défis sécuritaires et économiques.
Je reste convaincu qu’un dialogue inclusif orienté vers une paix durable constitue la voie la plus responsable. L’unité nationale n’est pas un slogan politique, c’est une condition de survie pour notre État. Sans stabilité et sans paix, aucune réforme constitutionnelle ne pourra produire des résultats durables pour notre nation.
RDC : Quand la politique oublie ses priorités – Benjamin BIRIKALE.




