RDC : Quand l’État s’efface derrière les hommes : la dérive de la communication officielle en RDC.

En République démocratique du Congo, la communication étatique s’éloigne progressivement de sa vocation première. Au lieu de promouvoir la nation et ses institutions, elle met en avant les individus qui les dirigent, donnant l’impression que l’État se confond avec des personnes.

Lorsqu’un ministre des Finances paie les agents de l’État, la communication officielle titre souvent sur « le ministre X a payé ». Pourtant, il s’agit d’un acte institutionnel normal, rendu possible par les ressources publiques et la contribution des citoyens. La communication officielle devrait vendre le produit Commun qui est la nation et non vendre les personnalités qui animent des entités d’intérêt Public.

Cette logique se répète dans le domaine des infrastructures. Routes, écoles, hôpitaux ou ponts sont présentés comme des œuvres individuelles, alors qu’ils sont financés par les taxes, les impôts et l’effort collectif de la nation congolaise. L’action publique est personnalisée au détriment de la responsabilité collective.

En glorifiant les animateurs plutôt que les institutions, l’État affaiblit sa crédibilité. À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, une nation est prise au sérieux lorsqu’elle communique sur la solidité de ses mécanismes publics, la continuité de ses politiques et la fiabilité de son administration.

Repenser la communication étatique en RDC est donc une exigence patriotique. Le pays ne doit pas produire des superstars politiques, mais une image forte de l’État. Les hommes passent, la nation demeure, et c’est elle qui doit rester au cœur du récit public.

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