Approchée par Mutetezi Global, Madame Élodie NTAMUZINDA, modératrice de la Coalition Paix-Peace, a livré la position de son réseau face aux enjeux politiques et sécuritaires actuels en République démocratique du Congo. Cette prise de position émane notamment des échanges organisés autour du thème « Écouter, dialoguer, construire des solutions durables », au cours desquels le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a rencontré des parlementaires et des membres de la société civile originaires des zones affectées par le conflit. Les discussions ont porté sur les enjeux sécuritaires, le dialogue national, les dynamiques du processus de paix ainsi que le soutien de la MONUSCO au cessez-le-feu, avec pour objectif commun le renforcement de la protection des civils et de la stabilité.
Pour elle, si le gouvernement a le droit de signer des accords et d’engager des contacts diplomatiques, l’institution présidentielle ne peut agir en substitution des autres institutions du pays. « La présidence de la République ne remplace ni le Parlement, ni le Gouvernement, ni les forces vives de la nation », rappelle-t-elle. Les grandes questions nationales, insiste-t-elle, doivent être traitées de manière globale avec toutes les parties prenantes.
Madame NTAMUZINDA s’interroge également sur l’effectivité du contrôle parlementaire. Selon elle, la population n’est pas suffisamment rassurée quant au rôle de surveillance des élus. Elle pointe aussi la responsabilité de la société civile, reconnaissant que le contrôle citoyen reste faible. « C’est aussi de notre faute en tant que société civile », admet-elle, appelant à un sursaut collectif.
La Coalition Paix-Peace préconise un mécanisme d’accompagnement et de suivi des décisions politiques et diplomatiques. Cela suppose, explique-t-elle, un œil vigilant de la population pour savoir « ce qui est fait, quand, comment, avec qui et surtout pour quel résultat ». Elle souligne l’importance du respect du timing et du chronogramme, avertissant que le facteur temps ne doit pas être négligé dans les processus démocratiques et de développement.
Le réseau appelle à un contrôle à plusieurs niveaux : national, sous-régional et international. Les résolutions des Nations Unies, estime-t-elle, souffrent souvent d’un déficit d’application et ne doivent pas être mises à l’écart du débat. Pour la modératrice, les institutions internationales ont aussi leur part de responsabilité dans la recherche de solutions durables.
Enfin, Madame Élodie NTAMUZINDA déplore une population qu’elle juge résignée ou fatiguée, vivant au jour le jour malgré l’aggravation des souffrances, tant dans les zones sous contrôle rebelle que gouvernemental. « Ce silence est coupable », affirme-t-elle, avertissant que demain, le jugement ne portera pas uniquement sur les autorités, mais aussi sur les citoyens eux-mêmes. Elle précise toutefois s’exprimer au nom de son réseau, et non de l’ensemble des acteurs, réaffirmant que seule une dynamique de dialogue inclusif peut ouvrir la voie à une paix durable en RDC.
RDC : La Coalition Paix-Peace plaide pour un contrôle citoyen renforcé et un dialogue inclusif.




