RDC : Pour une politique nationale de l’emploi fondée sur un partenariat État–Banques et un fonds universitaire d’insertion professionnelle

Interview réalisée le 03 mars 2026 entre Mutetezi Global et son Secrétaire Général, Benjamin BIRIKALE, sur les enjeux de la politique nationale de l’emploi en République Démocratique du Congo.

Mutetezi Global : Monsieur le Secrétaire Général, comment analysez-vous la politique actuelle de l’emploi en République Démocratique du Congo ?
Benjamin BIRIKALE : Elle reste largement théorique. Il existe des programmes, mais ils manquent de mécanismes concrets de financement, de suivi et d’évaluation. Les jeunes diplômés restent sans perspectives réelles.

Mutetezi Global : Quelle est, selon vous, la principale faiblesse ?
Benjamin BIRIKALE : L’absence d’un pont solide entre la formation universitaire et le marché du travail. L’État ne structure pas suffisamment l’accompagnement vers l’auto-emploi productif.

Mutetezi Global : Quelle option proposez-vous pour maîtriser le chômage des jeunes ?
Benjamin BIRIKALE : L’État devrait établir un protocole de collaboration avec les banques commerciales pour financer et encadrer les projets entrepreneuriaux des jeunes, avec des garanties publiques.

Mutetezi Global : Certains craignent le clientélisme…
Benjamin BIRIKALE : C’est un risque réel. Sans transparence, le risque est de privilégier les proches des décideurs au détriment des jeunes réellement méritants. Il faut des jurys indépendants, des critères publics et un suivi digitalisé.

Mutetezi Global : Vous évoquez aussi un fonds spécial pour les finalistes universitaires ?
Benjamin BIRIKALE : Absolument. L’État pourrait créer un fonds de financement des projets tutorés de fin d’études, en partenariat avec les universités.

Mutetezi Global : Quel serait le rôle des universités ?
Benjamin BIRIKALE : Chaque université devrait disposer d’un bureau d’encadrement des finalistes bénéficiaires, pour assurer viabilité, gestion et redevabilité.

Mutetezi Global : Pouvez-vous illustrer concrètement ?
Benjamin BIRIKALE : Prenons cinq diplômés en agronomie : avec l’appui de l’État pour l’accès à la terre et un capital initial, ils créent une exploitation. Cette activité générera des emplois pour économistes, communicants et techniciens.

Mutetezi Global : Quel impact national cela pourrait-il avoir ?
Benjamin BIRIKALE : Si ce modèle est appliqué dans toutes les provinces et dans plusieurs secteurs productifs, la RDC réduira considérablement le chômage et stimulera une croissance inclusive.

Mutetezi Global : Un dernier mot ?
Benjamin BIRIKALE : L’emploi des jeunes ne doit plus être un slogan politique, mais un engagement structuré, transparent et orienté vers la production nationale.

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