RDC : Bukavu, la société civile du Sud-Kivu dénonce les frais abusifs imposés par la SNEL

Signé à Bukavu, le 13 mars 2026, le communiqué du Collectif des organisations de la société civile pour la paix au Sud-Kivu exprime une profonde indignation face aux pratiques imposées par la SNEL à la population de Bukavu et de ses environs. Dans un contexte de grande détresse socioéconomique, marqué par la perte d’emplois, l’absence d’activités génératrices de revenus et le manque d’assistance humanitaire, cette pression supplémentaire est jugée inacceptable par les organisations signataires.

Le Collectif dénonce en particulier l’exigence faite aux abonnés de payer des arriérés de factures datant d’avant l’introduction du système Cash Power dans la ville de Bukavu. Selon le communiqué, ces montants sont réclamés sans transparence, sans justification claire et sans mécanisme contradictoire permettant aux abonnés de vérifier les dettes qui leur sont imposées. Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes sur la légalité et l’équité de ces pratiques.

Les organisations de la société civile s’alarment aussi du fait que, lorsqu’un abonné cherche à acheter du crédit Cash Power, jusqu’à 90 % du montant versé peut être retenu pour apurer d’anciens arriérés. Ainsi, de nombreux citoyens se retrouvent privés d’un accès réel à l’électricité, malgré les paiements effectués. Pour le Collectif, cette méthode aggrave davantage la précarité des ménages déjà durement touchés par la crise actuelle.

À cela s’ajoutent des charges financières jugées excessives : l’achat obligatoire d’un compteur Cash Power à 140 dollars, les frais d’installation entièrement à charge du client, l’obligation de se procurer un poteau électrique estimé à environ 100 dollars, ainsi que 37 dollars supplémentaires pour un nouvel abonné. Le Collectif estime que ces exigences constituent une lourde charge pour une population vulnérable et traduisent une forme d’injustice sociale dans l’accès à un service public pourtant essentiel.

Face à cette situation, le Collectif demande la suspension immédiate du recouvrement forcé des arriérés antérieurs à l’implantation du système Cash Power, l’organisation d’un audit sur la gestion de ces arriérés et l’affectation des fonds déjà collectés, ainsi que la révision à la baisse du coût des compteurs à 50 dollars, rappelant qu’ils étaient jadis distribués gratuitement. Il réclame aussi la suspension des frais d’installation et de l’obligation faite aux clients d’acheter les poteaux électriques, estimant que cela relève de la responsabilité de la SNEL.

Le communiqué plaide enfin pour la mise en place d’un mécanisme de dialogue entre la SNEL, les autorités compétentes et les représentants de la société civile, ainsi que pour l’adoption de mesures sociales exceptionnelles adaptées au contexte de guerre et de crise humanitaire. Il est signé par Hypocrite Marume, modérateur, Emmanuel Bengehya, co-modérateur, ainsi que Olivier Batumike, Joëlle Nabintu, Justine Mwetaminwa et Prince Centwali, membres du Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix.

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