POLITIQUE – RDC : 24 janvier 2019, l’héritage de Joseph Kabila et le devoir de préserver l’alternance démocratique en RDC

Le 24 janvier 2019 restera gravé dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo comme le jour où Joseph Kabila a transmis pacifiquement le pouvoir à Félix Tshisekedi, consacrant ainsi la première alternance démocratique et pacifique du pays.

Après dix-huit années à la tête de l’État, Joseph Kabila a choisi de quitter la magistrature suprême sans briguer un troisième mandat, ouvrant la voie à une transition institutionnelle qui a permis à la RDC d’éviter une nouvelle crise majeure autour de la succession présidentielle.

Au-delà des divergences, des critiques et des controverses qui ont marqué son règne, cet acte constitue un élément important de son héritage politique : accepter le principe de l’alternance et remettre les symboles du pouvoir à son successeur lors d’une cérémonie officielle.

Félix Tshisekedi lui-même avait alors rendu hommage à Joseph Kabila, qu’il présentait comme un « partenaire pour l’alternance et non un ennemi », donnant à cette transition une dimension politique qui dépassait les rivalités personnelles et partisanes.

Cette alternance ne doit cependant pas être réduite à une simple page du passé. Elle devrait constituer une référence permanente pour une démocratie congolaise capable de privilégier les institutions, le dialogue et la recherche de solutions politiques aux confrontations susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.

Aujourd’hui, alors que la RDC traverse de nouvelles tensions politiques, sécuritaires et sociales, l’esprit du 24 janvier 2019 mérite d’être réhabilité : le pouvoir ne devrait jamais être considéré comme la propriété définitive d’un camp, mais comme une responsabilité confiée temporairement au service de la Nation.

Consolider cet héritage exige donc de dépasser les antagonismes et d’ouvrir un véritable dialogue national inclusif, réunissant les institutions, la majorité, l’opposition, la société civile, les confessions religieuses et toutes les forces représentatives de la Nation.

Un tel dialogue ne devrait être ni un partage de postes ni un arrangement entre élites, mais un espace de vérité, de responsabilité et de recherche d’un consensus national autour de la paix, de la démocratie, de l’État de droit et de la souveraineté de la RDC.

Sept ans après cette alternance historique, le meilleur hommage à l’événement du 24 janvier 2019 serait de préserver son esprit et de transformer cet héritage en une culture politique durable : dialoguer plutôt que s’affronter, transmettre plutôt que confisquer, et construire ensemble plutôt que diviser la Nation.

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