Changement de la constitution en RDC : Référendum, la société civile du Sud-Kivu met en garde contre une exclusion des populations de l’Est

Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix a exprimé, dans une déclaration rendue publique à Bukavu le 22 juin 2026, sa vive inquiétude face au processus de la loi référendaire et aux débats sur une éventuelle révision de la Constitution. Il estime qu’un tel processus ne peut être engagé sans garantir la participation de tous les Congolais.

Selon le Collectif, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri demeurent confrontées à l’insécurité, aux déplacements massifs de populations et à l’occupation de plusieurs localités par des groupes armés. Dans ce contexte, l’organisation juge inacceptable qu’une partie des citoyens puisse être privée de son droit souverain de participer aux décisions nationales.

Les organisations signataires réaffirment leur soutien à la position de la CENCO et de l’ECC, qui privilégient le dialogue national, la cohésion sociale et la recherche de solutions aux crises sécuritaires avant toute initiative de révision constitutionnelle. Elles avertissent qu’une adoption de la loi référendaire dans les circonstances actuelles pourrait être perçue comme un mécanisme d’exclusion des populations de l’Est et fragiliser davantage l’unité nationale.

Le Collectif déplore également le silence de plusieurs élus nationaux du Sud-Kivu, les appelant à assumer leurs responsabilités en défendant les intérêts de leurs électeurs et les droits des populations affectées par les conflits armés. Il exige que les priorités nationales demeurent la restauration de la paix, la reconquête des territoires occupés, le retour des personnes déplacées et la garantie d’une participation égale de tous les citoyens à la vie démocratique.

La déclaration est signée par Emmanuel Bengehya, modérateur du Collectif, Hypocrote Marume, co-modérateur, Prince Centwali, rapporteur, Olivier Batumike, rapporteur adjoint, ainsi que Nathalie Muhimuzi, Nadège Sakingila, Fabrice Katembera, Jean Claude Katabengwa, Judith Lusagila et Justine Mwetaminwa, tous membres du Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix.

Rendue publique à Bukavu le 22 juin 2026, cette déclaration se veut un appel aux autorités congolaises à privilégier le dialogue, l’inclusion et la paix avant toute réforme institutionnelle susceptible d’engager l’avenir du pays.

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