La RDC veut désormais fournir à la Chine jusqu’à 180 000 tonnes de piments secs par an, dans le cadre d’un partenariat commercial présenté par le gouvernement comme une opportunité de plus de 500 millions de dollars annuels.
Selon Monsieur Benjamin BIRIKALE, pendant que Kinshasa cherche des marchés à l’exportation, plus de 26,5 millions de Congolais sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 3,6 millions en situation d’urgence.
La question n’est donc pas de savoir si le piment peut rapporter de l’argent, mais de savoir quelle doit être la priorité d’un État lorsque sa population peine encore à se nourrir.
Dans son analyse de ce lundi 28 septembre, Birikale se demande, comment expliquer que l’on mobilise autant d’énergie pour développer une culture destinée à l’extérieur alors que la production de maïs, de manioc, de riz et d’autres aliments de base reste insuffisante face aux besoins ?
L’agriculture congolaise demeure pourtant largement sous-exploitée, alors qu’elle emploie environ 70 % de la population active et dispose d’un immense potentiel en terres, en eau et en biodiversité.
Le problème n’est donc pas de choisir entre agriculture et exportation, mais de construire une stratégie dans laquelle l’exportation finance aussi la sécurité alimentaire et ne détourne pas les priorités agricoles nationales.
Produire du piment pour la Chine peut créer des revenus, des emplois et des devises ; mais investir massivement dans les cultures vivrières peut d’abord permettre à une famille congolaise de remplir son assiette.
Un État responsable devrait ainsi pouvoir répondre à une question simple : avant de nourrir les marchés extérieurs, avons-nous suffisamment renforcé la capacité des Congolais à se nourrir eux-mêmes ?
En conclusion, l’analyste et écrivain congolais n’a pas oublié de rappeler que la RDC a besoin d’une agriculture qui rapporte, certes, mais surtout d’une agriculture qui nourrit ; car un pays ne peut pas mesurer sa réussite uniquement à la valeur de ses exportations lorsque des millions de ses citoyens cherchent encore leur prochain repas.




